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Colloque de Fes 2017

Les Nouveaux Territoires de l’Identité :
La Fabrication du Radicalisme

Premier Colloque Interdisciplinaire
Les 17-18-19 février 2017 à Fès

Une partie de la jeunesse est à présent tentée par le choix d’un idéal identitaire extrême aux conséquences violentes et destructrices, qu’il s’agisse de cette nouvelle aspiration au martyr au nom d’une certaine interprétation de l’islam ou de l’adhésion à un nationalisme ombrageux et autoritaire hostile à toute forme d’immigration. Dans tous les cas, l’exaltation de l’idéal religieux ou national aboutit à la haine et au rejet de l’autre, sinon à son élimination physique.

Quelle est la cause de cet égarement ?

S’il est vrai qu’avec Freud dans Psychologie des Masses et Analyse du Moi le sujet ne trouve ordinairement de point d’appui pour se construire que dans un trait d’identité qui le virilise et le rattache à la tradition de ses pères, force est de constater que cette jeunesse ne semble pas avoir bénéficié de la grâce de cette transmission.

S’agit-il par exemple pour nous de mieux nommer les blessures de la colonisation peu prises en compte par nos sociétés contemporaines ou de reconnaître l’oubli dans lequel sont tenues la langue et la culture d’origine pour les petits-enfants d’immigrés ?

S’agit-il de prendre acte d’une mondialisation économique qui laisse sur le carreau dans les banlieues, dans les campagnes, en Europe et au Moyen-Orient une partie de la jeunesse et ne lui offre d’autre alternative que le choix du fondamentalisme religieux ou du nationalisme, si la seule valeur d’échange réduisant chacun au pur statut d’objet marchand ne se prête pas à faire idéal?

Le choix du nationalisme populiste ou du fondamentalisme religieux n’est-il pas une réponse symptomatique au péril symbolique qui semble s’abattre sur nos sociétés d’Orient ou d’Occident ?

A ce titre il est curieux de constater que l’appui pris sur les traditions autoritaires, voire fascistes, de l’Europe et sur les interprétations littéralistes du Coran issues du wahhabisme semble répondre à un même désarroi.

Les sociétés démocratiques européennes qui ont réussi à vivre depuis 1945 dans un contexte politique où la citoyenneté n’impliquait plus l’adhésion à un trait d’identité unilatéral et spécifique sont-elles encore capables de s’adresser aux jeunes avec un discours neuf qui revisite l’héritage républicain de la laïcité et qui redéfinisse les conditions d’une coexistence des identités dans la reconnaissance réciproque de l’altérité, pour refaire lien social et parer aux effets de la radicalisation, religieuse ou politique ?

Cette recherche de l’altérité pour elle-même est aussi au sein de l’islam l’une des caractéristiques du mouvement soufi. Voici ce qu’écrivait l’un des plus importants de ses maîtres, Ibn ‘Arabî : « Mon cœur est devenu capable d’accueillir toute forme. Il est pâturage pour les gazelles. Il est abbaye pour les moines. Il est temple pour les idoles, et la Ka’ba pour ceux qui en font le tour, il est table de la thora et aussi les feuilles du Coran. »

Afin de penser ce lien essentiel entre identité et altérité, nous vous invitons à un congrès à Fès. Nous nous y retrouverons non seulement  avec des psychanalystes, des historiens, des philosophes, des sociologues, des journalistes et des hommes politiques engagés sur ces problématiques, mais aussi avec des personnalités marquantes du mouvement soufi.

Organisateurs

Faouzi Skali, Charles Melman, Nazir Hamad, Oussama Cherif Idrissi El-Ganouni, Marie-Christine Laznik, Pierre-Christophe Cathelineau, Anne Videau, Isabelle Tokpanou, Anne Cathelineau.

Fes

Commentaires (1)

Mélanie Besnard-Ouazine
  • 1. Mélanie Besnard-Ouazine | 04/12/2016
Vous pouvez voir sur le site du Centre Idriss la liste des intervenants pressentis.

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