Conversations Psycho

Echanges cliniques autour de l’hyperactivité

Animée par Pr. Ghrislaine Benjelloun, pédopsychiatre et Mme SouadHamdani, psychanalyste.

Le Collectif Psy et la Société Psychanalytique Marocaine ont proposé une série de rencontres basées sur les échanges cliniques. Celles-ci se dérouleront trimestriellement. Le premier thème choisi pour ces rencontres fut l’hyperactivité.

Cette première « conversation psycho » a fortement suscité l’intérêt des professionnels d’horizons variés, pédopsychiatres, psychologues, orthophonistes, psychomotriciens, enseignants spécialisés,  qui ont pu échanger sur leur pratique autour de cette question.

 

Certains l’appellent hyperactivité, d’autres lui donnent le nom de Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité. Si certains la voient comme quelque chose de l’ordre du biologique, d’aucuns la perçoivent du côté du Symptôme qu’il faut distinguer de la manifestation symptomatique. Quelle que soit l’orientation des professionnels réunis, nous étions tous d’accord sur l’extrême prudence dont il fallait faire preuve avant de parler d’hyperactivité.

 

En effet, celle-ci n’est quasiment jamais exprimée comme plainte des sujets, mais plus de l’entourage. Les enfants et adolescents qui se retrouvent aux prises avec ces problématiques sont majoritairement amenés à rencontrer un psychologue ou un psychiatre du fait de l’entourage familial, scolaire ou institutionnel.

 

La discussion a balayé plusieurs thèmes. Les points forces étant la circonspection face au diagnostic abusif et à la catégorisation et l’évolution de nos sociétés. Il est important de ne pas faire de l’hyperactivité un signifiant mais un signe. Cette tentation du signifiant pourrait être induite par une évolution sociale qui tendent à systématiser les choses et à labéliser rapidement certains enfants et adolescents… d’où l’importance du travail en pluridisciplinarité qui en tant que socle  primordial, celui-ci permettant d’œuvrer au mieux vis-à-vis des sujets que nous sommes amenés à rencontrer.

 

Cette évolution sociale nous a permis de mettre en perspective cette idée d’agitation avec la rapidité du monde actuel. Nous sommes dans un monde de l’immédiat, du « tout tout-de-suite ». La pression et le manque de cadre ne favorisent-ils par l’apparition de signes cliniques pouvant être semblables à ceux l’hyperactivité ? D’où l’importance de cette prudence quant au diagnostic.

 

Cette idée de prudence a aussi été évoquée quant à la question du traitement médicamenteux. Il est à noter que malgré la mauvaise presse que peuvent avoir ces traitements, ils sont utilisés par les psychiatres avec parcimonie. Le diagnostic de TDAH n’est envisagé que par élimination, que lorsque tout autre facteur pouvant expliquer les troubles que présentent le sujet sont écartés.

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